Bienvenue à HUOS, village de 480 habitants baignant ses pieds dans la Garonne et se dressant sur ses rives les plus élevées.
D’aucuns disent, et surtout les plus anciens, qu’à l’origine, le village se nommait « sans pré ». Aussi, un jour, les habitants ou leurs représentants se réunirent autour d’une bonne table et décidèrent de faire disparaître ce nom qui rappelait un côté trop misérable de la commune.
Il fut décidé, d’un commun accord, de donner le nom du village à celui qui prononcerait le premier mot. Le mutisme fut observé jusqu’à ce qu’un convive, voyant passer le plat de poulet, s’écria en patois « bayou eu os » (« donne-moi un os »), d’où le nom de HUOS qui est resté jusqu’à ce jour.
Cette anecdote est-elle vraie ? Les anciens disent que oui ainsi que des écrits que nous avons retrouvés.
HUOS, avant et après la guerre de 1914-18, était un village essentiellement agricole et chaque maison avait son lopin de terre. Les moins aisés possédaient juste trois hectares et faisaient vivre une famille nombreuse ; il n’était pas question d’allocations familiales en ce temps-là.
Notre monument aux morts rappelle que nos braves soldats étaient presque tous agriculteurs.
Le village campagnard perdura jusqu’en 1940-45, époque où la batteuse s’arrêtait dans chaque ferme. C’était le temps où tout le monde s’entraidait et se retrouvait devant une bonne table. Bien évidemment, la « goutte » aidant, la soirée se terminait en chanson paillarde, les enfants étant couchés.
Cette même entraide était de rigueur pour la fête du cochon (la mal nommée). Les hommes descendaient à la Garonne pour laver la triperie dans une eau courante, claire, pas encore polluée, et les femmes préparaient le boudin. Ces mêmes personnes se retrouvaient pendant les vendanges.
Petit à petit, les fermes disparurent et devinrent résidences secondaires ou maisons à louer.
Les nouveaux habitants ont trouvé des emplois dans les environs et même jusqu’à TOULOUSE. Il reste actuellement dans notre commune cinq exploitants agricoles.
HUOS a toujours été une terre d’accueil et des réfugiés venus d’Espagne, d’Alsace et Belgique ont trouvé aide et réconfort auprès des habitants du village. Ils étaient hébergés au « domaine des Tilleuls », centre de vacances mis à la disposition de la commune par l’évêché propriétaire des lieux.
Bien entendu, HUOS est tourné vers l’avenir : de nouvelles constructions ont vu le jour, ce qui a donné une impulsion à notre commune que nous encourageons vivement, ainsi plusieurs artisans ont trouvé à s’y installer.
Aujourd’hui, à voir le nombre d’enfants de nos écoles (une centaine environ y compris les élèves des villages voisins, MARTRES DE RIVIERE, ARDIEGE et CIER DE RIVIERIE, regroupés en regroupement pédagogique intercommunal), nous pouvons penser que la relève sera assurée …
Au sud du village se dresse dans une propriété appelée « les Tilleuls », un manoir qui fut un temps la résidence d’une personnalité locale.
Il s’agit du Général BARTIER, né à ASPET en 1766. Après des études d’avocat, il prend fait et cause pour la révolution et s’engage dans l’armée au sein de laquelle il devint rapidement officier. Il guerroie dans le Sud-Ouest contre les troupes royalistes et en Espagne.
A la tête de 2000 soldats, lors de la bataille de MONTREJEAU au cours de laquelle il sort vainqueur face à 5000 royalistes.
Rejoignant BONAPARTE, il participe au Coup d’Etat du 18 brumaire. Grand ami du Maréchal LANNES, il est présent à la bataille d’Austerlitz et à la bataille de Wagram, au cours de laquelle il est blessé d’une balle dans le bas ventre qu’il portera sa vie durant.
Il est décoré sur le champ de bataille par l'empeureur Napoléon 1er qui le nomme Maréchal de Camp d’Empire et le fait Baron de Saint-Hilaire. Il participe également à la campagne de Russie et prend part à la bataille de la Bérézina.
Entre deux faits d’armes, il épouse une dame FADHEUILLE de la bourgeoisie huossaise, descendante par sa mère d’une famille noble, les DE MEDRANO
Il se retire enfin à HUOS dans la propriété de son épouse après avoir quitté l’armée, et ce sans solde.
Il fut un temps conseiller général du Canton de SAINT-BERTRAND et maire d’HUOS, où il décédera en 1835. Il repose désormais dans un mausolée près de l’église du village dans un tout petit cimetière à l’ombre des cyprès.
Il est décoré sur le champ de bataille par l’Empereur Napoléon 1er qui le nomme Maréchal de Camp
Pendant son mandat de maire, il acquiert le moulin sur la Garonne et crée une filature.
La propriété des Tilleuls, qui comprenait un bâtiment central entouré de terres agricoles, restera propriété des DE MEDRANO jusqu’à la mort du dernier représentant, le 13 septembre 1903.
Elle est revendue au séminaire de GOURDAN-POLIGNAN et deviendra lieu de promenade des élèves et camp de vacances pour des jeunes catholiques.
En 1937-1938, fut construit un grand bâtiment de trois étages, nommé « Bellevue »,
avec de nombreuses chambres.
Cet édifice reçut des réfugiés tout d’abord espagnols pendant la guerre civile, puis belges et alsaciens.
Les réfugiés espagnols restèrent peu de temps aux Tilleuls, ils retournèrent dans leur pays ou se fondirent dans la population locale pour cause d’appartenance politique.
Les belges quant à eux rejoignirent la Belgique sous occupation allemande. En ce qui concerne les alsaciens, ils furent expulsés par les allemands en 1940, eux qui avaient rattaché leur pays ainsi que la Lorraine au grand « Reich » comme l’on disait à l’époque.
Ces expulsés étaient pour la plupart fichés par la Gestapo (la police allemande comme francophile, malades et impotents. Les jeunes alsaciens valides ne furent pas expulsés et furent enrôlés dans l’armée d’occupation.
A la libération, les alsaciens et les lorrains regagnèrent leur pays d’origine sauf quelques familles qui essaimèrent dans la région.
Afin de garder des liens avec les expulsés alsaciens, une plaque de notre village porte le nom de « LAPOUTROIE ». Cette plaque a été inaugurée il y a une dizaine d’années, en présence de nos compatriotes alsaciens.
Le bâtiment central et l’immeuble « Bellevue » furent respectivement hospice pour personnes âgées et école d’agriculture dirigée par un père jésuite, le père ROTH.
Pour terminer, et jusqu’à ces dernières années, les Tilleuls reçurent de nouveaux vacanciers. Tout d’abord l’ensemble du domaine fut géré par Mademoiselle SYLVE, dame à forte personnalité, et par Mademoiselle AULAGNIER, qui ferma définitivement les locaux, ceux-ci ne correspondant plus aux normes de sécurité.
Actuellement, le manoir est occupé par une association culturelle et le bâtiment central par un centre Bio « les Jardins de Cocagne », sous la direction de Monsieur MARTIN Rémy, ce qui a redonné vie à l’ensemble du domaine.
Voilà résumé sans prétention un point d’histoire de notre village au travers de la propriété des Tilleuls.
(rédigé en collaboration avec Monsieur BATMALLE Pierre, originaire et habitant d’HUOS)